Marcel Lefebvre » Travail d’écrivain

Respecter l’histoire

Écrire des romans historiques peut se faire de bien des façons. Certains romanciers se concentrent sur les personnages qu’ils inventent et se servent du contexte historique dans lequel ils les font vivre en accommodant parfois un peu trop la vérité historique à leur récit romanesque. Ce n’est pas mon cas. Quand j’aborde un nouveau roman, je fais d’abord de longues recherches sur l’époque que je veux exploiter comme trame de fond. Je brode ensuite mon histoire inventée sur le canevas précis de la chronologie historique. C’est un défi de taille car les sauts d’un évènement de l’histoire à l’autre obligent les personnages inventées à vieillir et à se transformer. Mais j’adore inventer mes histoires à l’intérieur de ces balises rigides imposées par la vérité historique. Je vais parfois jusqu’à mêler des personnages ayant vraiment vécus à ceux qui sortent de mon imaginaire. Cela rend l’intégration des deux éléments d’un roman historique, l’imaginé et l’historique, encore plus fascinante.

Ainsi, je crois que mes lecteurs peuvent se fier au récit, découvrir ou redécouvrir des pans de notre histoire québécoise tout en se divertissant en suivant l’histoire d’amour inventée. L’historien Marcel Tessier, lors d’un passage à l’émission de Radio-Canada « Pour le plaisir » , m’a félicité pour cet amalgame du récit historique et de l’histoire d’amour.

Écrit par , le 21 septembre 2013, écrire un commentaire


Qu’est-ce que je raconte?

Quand je regarde à rebours ma démarche, une ligne d’inspiration principale apparaît: celle de la rébellion des gens de la Nouvelle-France et de leurs descendants contre l’empire britannique venu leur voler leur monde. Des rebelles, chez nous, il y en a depuis le premier jour de ce qu’on a nommé la Conquête, en 1759. Ce fut en fait une escarmouche dans les champs d’Abraham Martin et la vérité c’est que nous avons été cédé par la France à l’Angleterre en 1763. Nombreux parmi nous, se sont levés, malgré les efforts concertés de l’Église et des seigneurs pour garder nos gens asservis. Ceux-là ont cherché à chasser les Britanniques par tous les moyens et en profitant de chaque occasion. C’est l’histoire de ces rebelles, extrêmement courageux dans les circonstances, que je raconte dans mes romans. Il y a là une épopée révolutionnaire méconnue et digne d’un roman-fleuve. Elle est devenue ma source d’inspiration principale et le fil de mes oeuvres d’écrivain.
J’ai abordé le récit de cette grande épopée avec Les Amants de 1837, moment-clé de cette rébellion et sans doute le plus connu. J’y ai découvert une société divisée qui ressemblait fort à celle d’aujourd’hui. La richesse de ma quête m’est alors apparue pour comprendre la division contemporaine de la population du Québec dans les années 1980 et 1995. Cette déchirure de notre société était présente dès les lendemains de la Conquête.
J’ai donc décidé de remonter jusque là pour suivre le fil de cette grande épopée révolutionnaire avec la saga de la Rebelle et le Yankee. La belle Hélène Clermont, fille d’un médecin de Neuville, va vivre à treize ans ce moment désastreux de l’échec de 1759. Elle perdra son père dans la bataille de Sainte-Foy en 1760. Elle en sera révoltée et décidera de se battre jusqu’à ce que parte le dernier Britannique. Elle vivra ensuite avec les rebelles américains leur tentative d’affranchir l’Amérique de la présence de Londres.
Le troisième tome de la Rebelle et le Yankee se déroulera dans le contexte de la seconde tentative des Américains pour prendre Montréal et Québec en 1812. La belle Hélène transmettra sa passion nationaliste à son fils Marc-Antoine. Voilà pour le tome trois de cette saga que vous pourrez lire très bientôt.
Je rêve déjà, depuis quelque temps, d’un possible tome quatre qui ferait revivre à mes lecteurs la période de 1838, peu connue elle-aussi, celle de la rébellion des Frères chasseurs. Ils tentèrent à nouveau après les échecs de Saint-Denis et Saint-Eustache, de se rebeller et de reprendre leur monde perdu dans la bataille d’Odelltown. Le rêve de faire vivre aussi à ceux qui me lisent, la suite de ce combat qui conduira à l’incendie du Parlement de Montréal en 1849 et au coup fatal porté par ce qu’on a appelé la Confédération de 1867.
Le récit de la grande épopée de rébellion des gens de la Nouvelle-France pourrait se poursuivre dans d’autres romans encore qui mettraient l’accent, au delà de la longue hibernation et de la survivance, sur la période de la révolution tranquille conduisant à Octobre 1970, ainsi qu’aux deux référendums de 1980 et 1995. Dans le coeur de plusieurs, le vieux désir inassouvi de rébellion brûle encore aujourd’hui et pourrait attiser la flamme de l’inspiration pour longtemps encore. Voilà. Ce beau sujet, cette grande histoire sombre et magnifique, a inspiré ma démarche jusqu’ici et je la crois inépuisable, comme la vie.


Promotion et diffusion

Je ne passe pas tout mon temps à écrire. Aujourd’hui je réfléchis aux meilleurs moyens de promouvoir et de diffuser mes écrits. Ma maison d’édition, Libre Expression, fait déjà un travail remarquable. Grâce à elle, je serai cet automne de tous les Salons du livre: celui du Saguenay (28 septembre), celui de Rimouski (8 novembre) et aussi celui de Montréal(28 novembre). Au printemps 2014, je serai présent au Salon du livre de Québec.
Bon, tout cela est très positif. Mais je me demande ce que je peux faire moi-même pour mieux me promouvoir. On m’a conseillé de m’offrir un blog dédié à mon travail d’écrivain. C’est maintenant chose faite.
Une autre idée mes venues: pourquoi ne pas faire moi-même une tournée de promotion dans les milieux scolaires de ma belle région de Chaudière-Appalaches? Pour deux excellentes raisons: la première étant que La Rebelle et le Yankee (tome 1 et 2) sont des romans qui se déroulent presque entièrement dans cette région. À Saint-Pierre-de-la-rivière-du-sud, sur toute la côte sud du fleuve, en Beauce également (Sartigan) et, bien sûr, à Pointe Lévy (Lévis) et à Québec. La deuxième raison est que ces romans historiques racontent l’histoire nationale du Québec depuis la Conquête jusqu’au tout début du XIX ième siècle (1812). Ce fond historique de mes trois romans est tout-à-fait dans la ligne de tir du programme d’histoire que l’actuel gouvernement juge primordial d’enseigner aux étudiants. Je pourrais, à supposer que je trouve le temps de m’y préparer adéquatement, construire une présentation de La Rebelle et le Yankee en insistant sur sa situation géographique et sur le pan d’histoire national couvert par le récit.
Ce projet de promotion et de diffusion de mes ouvrages aurait des retombées importantes dans la région de Chaudière-Appalaches, particulièrement dans le milieu scolaire où l’on se propose d’insister sur la connaissance de l’histoire nationale. Quoi de mieux pour faire avaler tout un pan d’histoire qu’une bonne saga d’amour et de rébellion.
Qu’en pensez-vous?

Écrit par , le 17 septembre 2013, 1 commentaire


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